1- Extrait :
"Ses paupières étaient lourdes comme si elles étaient demeurées closes pendant un siècle. Il lui fallut du temps pour parvenir à les maintenir ouvertes. Delcy fixa les planches d’un plafond qui avait visiblement connu des jours meilleurs avant que l’on puisse voir au travers le ciel dégagé sans pour autant posséder quelque don de vision à rayons X. Lentement, sa tête pivota et son regard se porta sur la pièce autour. Ainsi plongée dans l’obscurité, celle-ci paraissait minuscule, remplie de meubles et d’objets dont elle ne distinguait que les formes imprécises. Sur le mur, face au lit sur lequel elle se trouvait, une porte aux planches disjointes laissait filtrer les faibles rayons de la lune.
Ses membres aussi étaient lourds comme s’ils n’avaient pas remué pendant un siècle. Dès qu’elle chercha à bouger, Delcy eut l’impression d’avoir des poids attachés aux poignets, aux chevilles, à chaque articulation. Elle se redressa péniblement et, avec une application déterminée, se hissa sur ses pieds. Le lit de bois, au matelas déformé puant le remugle gémit sous le changement de pression, ce qui l’amena à se demander comment il avait fait pour supporter ne serait-ce que le poids de son corps sans s’effondrer.
Un mécanisme s’enclencha soudain en elle, semblable à celui qui faisait parfois sentir à une proie qu’on l’épiait. Une sorte d’intuition lui disant de ne pas croire à son apparente solitude dans ce lieu incongru. Elle risqua un pas chancelant en avant, le coeur battant. Les poids à ses chevilles pesaient lourdement. Delcy était persuadée de laisser ses empreintes de pieds sur le plancher comme lorsque l’on marchait sur du ciment frais. S’arrêtant, elle porta une main à son front moite. Elle avait désespérément besoin d’air pur, mais se mit à douter de se rendre un jour jusqu’à la sortie. Ses jambes, maintenant, semblaient en train de se pétrifier.
L’impression d’être l’objet d’étude d’un quelconque regard suffit toutefois à lui faire puiser la force de continuer à mettre un pied devant l’autre. Un coin de la pièce, beaucoup plus obscur que le reste, entra dans le champ périphérique de son regard. La jeune femme sut alors qu’elle n’était effectivement pas seule. Son sang se glaça en apercevant une masse sombre tapie dans l’ombre. Présence singulière, celle d’un animal plus que d’un humain. Elle accéléra le pas, atteignit la vieille porte qui grinça dans ses gonds rouillés en s’ouvrant sur un perron où la pourriture avait fait ses ravages, sur lequel elle s’engagea avant qu’un bruit dans son dos ne la pétrifie. Affolée, Delcy pivota. L’intérieur obscur de la cabane ne révélait rien. Elle fit un pas à reculons. Son pied aurait dû rencontrer une marche d’escalier, mais il n’y trouva que le vide, le vide à l’infini, comme si après le perron ce n’était qu’un grand trou. Il y avait bien ce billot de bois faisant office de rampe, auquel elle pourrait se retenir, à condition de parvenir à l’agripper, ce qu’elle n’eut pas le temps de faire. Les étoiles basculèrent, dessinant dans le ciel un spectacle de traînées de lumières blanches, telles une myriade d’étoiles filantes qui aurait décollé d’un même élan. La dernière image que Delcy enregistra fut une haute silhouette noire sans visage qui occupait tout l’espace de l’encadrement de la porte."
2- Présentation du roman :
"L’été débute et Delcy Prévost prend la route du Wyoming afin d’y rejoindre son père dans sa maison secondaire. Toutefois, à son arrivée, l’endroit est désert. Entreprenant quelques recherches, elle se heurte aussitôt à un mur de mystère et d’hostilité. Dans cette petite ville pittoresque, on lui fait sentir qu’elle n’est pas la bienvenue. Plus troublant encore, on semble reconnaître son visage, bien que Delcy n’y ait jamais mis les pieds…
Le chemin de la vérité semble plus qu'incertain. Ce brouillard qui l'entoure ne fait que s'épaissir, alors qu'une lugubre réalité ne tarde pas à s'imposer: une menace palpable dont l'étau se referme sur elle inexorablement...
Au moment où sa situation devient dangereusement précaire, une aide inattendue lui est offerte par un séduisant propriétaire de ranch dont les véritables intentions demeurent toutefois nébuleuses. Comme bien d'autres, il semble en savoir plus long qu'elle sur l'absence suspecte de son père, mais il s'enferme dans un mutisme obstiné et absolu. En proie au doute, Delcy hésite. Doit-elle faire confiance à cet homme aussi énigmatique que fascinant? ou suivre la voie de l'absurdité et croire que parfois, la main dont il faut se méfier le plus n'est autre que celle qui nous est tendue?
Frissons glacés, flambée des sens, incertitudes envahissantes et tentations obsédantes attendent Delcy dans cette vallée où règne une atmosphère lourde de mystère…"
M-C Charland : "L’écriture de ce roman est venue de cette troublante fascination qu’exerçait sur moi l’univers des chevaux, des ranchs et des cow-boys. J’ai commencé à dévorer des romans de façon compulsive à l’adolescence et chaque fois que j’en dénichais un qui possédait cette saveur particulière, je le savourais toujours avec plus de plaisir que les autres!
C’est à cette époque que je me suis découvert une passion folle pour l’écriture et plus ça allait, plus le cow-boy m’interpellait! *rires* Si bien que j’ai fini par céder (de bonne grâce, il faut le dire). Ainsi est né le premier jet de Dans l’œil du Faucon. Des années plus tard, par un heureux hasard bien orchestré par la vie, j’ai eu l’occasion de m’immerger dans le monde exaltant des rodéos, de découvrir tant l’avant que l’envers du décor et ce, par le biais de tous mes sens bien en éveil de romancière. Je m’y suis abreuvée avec grand soif, puisant à cette source une part de mon inspiration pour entreprendre la réécriture complète de ce roman et en faire ce qu’il est aujourd’hui : un récit dans lequel se mêlent passion amoureuse, suspense soutenu ainsi qu’une petite touche de surnaturel venant épaissir le mystère dont sont cousus les chapitres…"
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Merci à toi, Marie-Claude, de t'être ainsi prêtée au jeu des questions. :D
Je te souhaite un joli succès !
N'hésitez pas à lui rendre une petite visite sur son blog là .
Je vous propose un autre rendez-vous d'un auteur à l'autre dans une quinzaine de jours. :D
Je pense en effet alterner "Bonheurs de lire" et "D'un auteur à l'autre".
Si vous souhaitez être mon prochain invité, n'hésitez pas à regarder ici pour en savoir plus, puis à me contacter. :D

2 commentaires:
C'est à moi de te remercier encore une fois, ma chère Isa! C'est un honneur d'être la première à participer à ton beau projet...
Amitiés xxx
:D
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